L’arbre debout

Daniel Py, avec les gravures de Vincent Rougier

éditions de la Lune bleue, septembre 2011

N’est-il pas intéressant de lire des poèmes plus longs d’un auteur dont on connaît les brefs, ou haïkus ? Oui, il est des haïjins qui peuvent échapper au genre :

vert tapis de paillettes sur l’eau

où dort un seau cassé

gît la mousse des heures

à chaque instant

mâche longuement

quelque tendresse

Ah ! Se vautrer dans la métaphore ! Les gravures de Vincent Rougier sont étranges, comme racines colorées qui traversent l’obscurité.

Jean Antonini, GONG, revue francophone de haïku (janvier-mars 2012, n°34)

Le ciel si pâle

Jeanne Painchaud, avec les katagamis sur photo d’Ivan Sigg

Presque seul

souper

avec la nouvelle lune

Ces haïkus sont d’une légèreté pleine d’amour blessé qu’on ne se lasse pas de relire. Quant aux katagamis d’Ivan Sigg, ils sont à la fois simples, primitifs et complexes.

Jean Antonini, GONG, revue francophone de haïku (janvier-mars 2012, n°34)

 

Le ciel si pâle

Jeanne Painchaud, avec les katagamis sur photo d’Ivan Sigg

Editions de la Lune bleue, septembre 2011

Un livre d’artistes de petit format bien agréable où œuvres plastiques et littéraires se côtoient sans se nuire sur un papier aux fibres sensibles sous les doigts.

Jeanne Painchaud a joué la carte de la variété. Dans une forme libre, adaptée aux circonstances, elle partage, en une quinzaine de haïkus, quelques instants de son existence : ses doutes, ses pleurs, ses rires ou ses espoirs.

lune pleine

poches vides

des soirs comme ça

un livre déjà épuisé. Rien d’étonnant !

Dominique Chipot, Ploc’ La lettre du haïku  n°50, décembre 2011

Mon amour mes horizons

Maximine, avec les images de Motoko Tachikawa

Editions de la Lune bleue, septembre 2010

« Combien de fois ai-je lu et relu Mon amour mes horizons ? Ces vers, je les sais par coeur, et jamais cette expression ne m’a paru plus juste. Comme c’est le coeur qui parle en eux, ils chantent. Ils chantent merveilleusement. Ils le font d’autant mieux que ce petit livre à la Lune bleue est porté, illustré, réalisé dans les moindres détails, avec ferveur. Il n’est pas possible de le ranger déjà dans la bibliothèque, même à côté de tes autres livres : je le regarde, je le feuillette pour le plaisir des yeux. »

Extrait d’une lettre du poète Pierre Dhainaut à Maximine, le 7 novembre 2011

Boussole du jour

Boussole du jour / brujula del dia de Myriam Montoya
Editions de la Lune bleue, juin 2010

Un petit livre de désarroi et de quête des repères. D’interrogations qui cherchent à calmer l’inquiétude. Ce petit livre cousu de quatorze pages nous donne à découvrir une belle osmose entre les quatre poèmes (en espagnol et en français) de Myriam et les quatre encres inscrites dans un ovale de Lydia.

Alain Boudet, site « La Toile de l’Un », Promenoir de poésie contemporaine

Au plateau des Glières

Hervé Martin, éditions de la Lune Bleue
septembre 2010, 16 pages

D’un périple cultuel – mais au sens païen du terme – Hervé Martin ramène un texte aussi bref qu’intense. Il est souligné par les gravures d’ombres (superbes) de Valérie Loiseau qui n’est pas n’importe qui.
L’ensemble s’inscrit sous l’égide de la phrase de Scutenaire « L’avenir n’existe qu’au présent».
Cela n’est pas anodin. Et dans une période de dilution, Hervé Martin fait œuvre de résistance en rameutant d’autres résistants qu’ils ramènent au présent pour l’avenir:
Vous les braves / Je vous revois vivants, écrit le poète après avoir mis ses pas dans ceux d’illustres anciens – gamins pour la plupart – qui donnent encore aujourd’hui et plus que jamais une belle leçon de courage.

Ce texte et d’autant plus puissant qu’il ne se veut pas simplement mémoriel. Répétons-le : il est écrit au présent pour le présent dans une sorte d’intensité particulière. Cela semble surgir de la manière la plus simple, franche, quasi instinctive. Mais qui connaît un peu Hervé Martin sait combien cette intensité d’abord jetée sur le papier est le fruit d’un long travail de reprise.
Il donne toute sa résonance à ce joyau d’injonctions. Et c’est pourquoi avec Martin et ses ombres il nous est possible de marcher comme l’écrit le poète : Sous le vide du ciel et dans ce souvenir qui dépasse mon temps. Ce temps est le nôtre. Le créateur lui donne une intensité vibrante par l’économie même des mots, des images, du silence. Notre liberté d’aujourd’hui fut payée par ceux qui ne refusèrent pas la lutte.
L’hommage particulier que leur octroie Martin vaut bien plus que tant de longs laïus.

Jean-Paul Gavard-Perret, site de la maison de la poésie de St Quentin-en-Yvelines

Le sémaphore du temps

Le sémaphore du temps, de Maggy de Coster, peintures de Irène Shraer ; 2010, 12 euros. Editions de la Lune bleue

Dans ses « Mémoires inachevés d’une  île moribonde » (1998), Maggy de Coster évoquait les malheurs de sa patrie d’origine : Haïti. Ici, on retrouve, mais à l’échelle planétaire, son indignation contre l’injustice, en particulier  face à « ces mille et un tribuns / qui trafiquent les destins des miséreux ».

Elle fait entendre la voix originale d’une femme blessée par les malheurs qui  s’abattent sur le monde, sans renoncer à l’espoir omniprésent dans sa poésie. Chez elle, la certitude demeure  qu’en fin de compte, l’amour viendra à bout de la haine, et que la vie renaîtra avec la floraison des bleuets.

La sensibilité de ses poèmes trouve un superbe écho dans les peintures de Irène Shraer : le résultat est un très beau livre d’artiste signé et tiré à cinquante exemplaires.

Eliane Biedermann, revue Intervention à haute voix n°48